Quels sont les enjeux de notre intégration sur le marché du travail ?
Par l’Association de l’École de la Communication de Sciences Po.

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Nos questions :

  • Qu’attendez-vous, annonceurs, pour récréer du lien avec les étudiants ?
  • Qu’attendez-vous, agences, pour réévaluer ces indemnités de stages qui nuisent finalement à votre image auprès de la nouvelle génération ?
  • Nous autres, étudiants, avons une méconnaissance relative des métiers de la communication et nous sommes finalement assez peu à avoir un projet professionnel très précis. Voilà ce qui explique pourquoi nous tenons tant à effectuer des stages. Et l’agence nous attire tout particulièrement parce qu’elle nous semble dynamique, stimulante, capable de répondre à notre besoin de formation et de nous offrir une vision globale de tous les métiers qui existent en son sein. A l’inverse, nous sommes très peu nombreux à vouloir effectuer notre premier stage chez l’annonceur… Trop « compartimentée », « hiérarchisée », « autocentrée » et surtout trop « éloignée » de nous. On ne se bouscule pas vraiment pour aller faire notre premier stage en entreprise d’autant plus que nous avons très souvent le sentiment que les annonceurs ne viennent pas à notre rencontre et nous fournissent très peu d’informations sur leur expertise et les opportunités existantes.
  • Mais qui dit stage, dit recherche de stage ! Et ici débute notre parcours du combattant. Comme nous l’avons déjà vu, nous avons le plus grand mal à connaître l’annonceur. Et cela tient au fait qu’il est très difficile d’entrer directement en contact avec les recruteurs et/ou opérationnels voire même d’obtenir directement des informations sur les métiers et divisions existant au sein d’une entreprise donnée. Postuler chez l’annonceur est souvent synonyme pour nous de « frustration » : l’on se connecte à des plateformes en ligne dépersonnalisées, compliquées et peu d’entreprises se donnent finalement la peine de nous signifier le rejet de notre candidature. Et, plus que jamais, il nous semble que le « réseau » est indispensable pour pouvoir espérer avoir les « bons contacts » et entrer en relation directement avec le service ou département qui nous intéresse. Face à ces modèles distants et « bureaucratiques », les agences donnent à l’inverse le sentiment d’une plus grande proximité : il n’est pas rare d’obtenir, directement à partir des sites internet, l’adresse du responsable RH, voire d’opérationnels et d’entrer directement en contact avec ces derniers.
  • Si nous accordons dans le choix de notre stage une place prépondérante à la qualité des missions qui nous seront confiées, le montant de l’indemnité de stage est un élément que nous ne négligeons pas. En effet, si beaucoup d’entre nous sommes prêts – par principe –  à être peu payés pour pouvoir apprendre un métier qui nous plaît vraiment, dans les faits le montant de l’indemnité joue un rôle non négligeable dans le choix de notre stage et a un impact certain sur l’image générale que nous pouvons avoir du secteur de la communication. Payer des étudiants 417,09 euros, le minimum légal, y compris pour des stages de plus de 6 mois est une réalité que nous regrettons tous. Un très grand nombre d’agences (et souvent les plus grandes et les plus prospères) n’hésitent pas à capitaliser sur leur réputation pour parfois « sous-payer » leurs stagiaires. Nous pensons que, sous prétexte de nous former, les agences négligent peut-être les conséquences à long terme de cette pratique : comment peuvent-elles attirer les meilleurs en les rémunérant peu, d’autant que les annonceurs sont prêts à nous payer parfois 3 à 4 fois plus, à qualification égale ? Et plus encore, il nous semble que l’indemnité agit comme un filtre social : les plus modestes d’entre nous renoncent parfois à effectuer des stages, l’indemnité ne pouvant couvrir le coût de la vie (qui plus est à Paris !).  Parce qu’une image se construit sur le long terme, cette pratique nous paraît être à terme préjudiciable pour toute la profession.
  • Le choix de la communication n’est pas un choix par défaut et nous sommes motivés à l’idée d’entrer sur le marché du travail. Nous n’attendons finalement qu’une chose : que l’on nous laisse l’opportunité d’acquérir une expérience solide et de montrer ce que nous valons vraiment. Si nous pensons qu’il sera facile de nous intégrer en agence, l’image plus « austère » et « rigide » des annonceurs nous fait parfois craindre de plus grandes difficultés d’adaptation. Par ailleurs, nous avons pour la plupart peur la « désillusion » des premiers instants et craignons de découvrir, une fois embauchés, que la réalité de la profession est éloignée de l’image que nous en avions. Et cela vient du fait que les informations sur les opportunités existantes au sein de l’agence et, plus encore, au sein de l’entreprise sont rares et/ou difficiles à trouver ! Le stage se présente alors comme le meilleur moyen pour se faire une idée précise du métier… Mais encore faut-il pouvoir se permettre financièrement de faire un stage…