Quelle est notre vision de l’univers de la communication ?
Par l’Association de l’École de la Communication de Sciences Po.

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Nos questions :

  • Comment faire pour renouveler les références culturelles associées au monde la communication, afin de dépoussiérer un imaginaire collectif qui n’est plus en phase avec les réalités actuelles ? Il faudrait notamment travailler à la visibilité de la communication hors agence (= mieux informer sur l’univers de la communication)
  • Comment faire pour orienter dès à présent de plus en plus la communication vers du contenu de qualité et responsable ? La communication aura une bonne image lorsqu’on comprendra qu’elle joue un rôle important (= promouvoir le rôle de la communication en démontrant son pouvoir)
  • Annonceurs Vs. Agences
    Avant toute chose il est important de souligner que nous avons tendance à réduire le monde de la communication à celui des agences ; la plupart des réponses de mes camarades étaient axées sur le monde des agences et c’est seulement à la fin de mon questionnaire alors que je leur demandais justement de comparer la communication en agence avec celle chez l’annonceur qu’ils réalisaient que leur vision avait jusqu’alors été quelque peu unilatérale.
    Clairement la communication ne se résume pas à l’agence, mais force est de constater que lorsqu’on parle de communication la première chose qui nous vient à l’esprit et obstrue le reste, c’est l’agence ; l’agence a donc une image bien plus forte que l’annonceur auprès de nous.
    Pourquoi ? une des raisons qui transparaît dans la suite des réponses, est celle des références culturelles, qui participent de manière déterminante à la construction de cet imaginaire collectif, références culturelles toutes très stéréotypées, et relativement surannées; en évoquant la figure du communiquant, certains pensent à Don Draper de « Mad Men », d’autres à Jean-Pierre, époux de « Ma sorcière bien aimée », d’autres encore à Beigbeder grâce ou à cause de « 99 francs »…Bref,  le Chef de Pub fait plus rêver que le Dircom…
    Transition : Cette nuance faite, la Communication, qu’est-ce que cela nous évoque pour nous? Sans même chercher à définir ce mot, somme tout un peu fourre tout, il est intéressant de regarder à quels autre substantifs nous l’associons spontanément.
  • Les +
    Qu’est-ce qui nous attire ? Reviennent constamment les mots création et stratégie, tandem gagnant qui résume bien les raisons pour lesquelles nous avons choisi de nous prédestiner à ce milieu. La Communication c’est pour nous l’innovation, l’inspiration, la vision.
    Nous aimons l’étendue déjà vaste et qui plus est croissante du champ de ses possibles, la place primordiale qu’elle accorde aux idées, l’imagination, le fait que ce soit quelque part une « dream factory » qui embellisse.
    Transition : Entreprise d’embellissement que d’autres critiquent.
  • Les  –
    Qu’est-ce qui nous rebute ? A cette valorisation du « contenu », il faut tout de même opposer de nombreuses critiques qui tendent à réduire la communication à un emballage, quelque chose de superficiel ; ressortent des mots tels que paillettes, creux, artifice, mensonge… un « mal nécessaire » vont même jusqu’à dire certains.
    Nous déplorons que la communication soit une industrie composée de certaines personnes tellement obsédées par l’image qu’elles en deviennent trop conscientes de la leur (égocentrisme), une industrie qui pollue (visuelle, sonore..) de centaines de messages inintéressants notre quotidien.
    Transition : Evidemment, la Communication d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier que vous avez connue alors que vous commenciez vos carrières, elle n’est pas non plus celle de demain à laquelle nous aurons à faire lorsque nous commencerons les nôtres ; comment percevons-nous cette évolution ?
  • Evolutions (image perçue)
    Nous percevons la communication d’hier comme un monde stable, satisfait, assez égocentré, tendance, glamour même, tandis que celui d’aujourd’hui est à nos yeux plus éclatée, fébrile car en permanente mutation, complexe du fait de cette situation de transition, incompris même, et, le monde de demain nous le percevons comme plus solide, plus puissant.
    La grande tendance qui se dégage est donc celle d’une communication de plus en plus professionnelle et technique qui, dans un environnement de plus en plus concurrentiel et exigent, se devra d’être de plus en plus créative.
  • Enjeux (image voulue)
    Nous souhaiterions impulser la communication vers plus de responsabilités ; Clairement les enjeux que nous identifions ne sont pas tant technologiques (même si pour certains le communiquant de demain sera avant tout un « geek hyper connecté ») qu’éthiques (sociale, environnementale…), et les mots respect, honnêteté, concret reviennent à de nombreuses reprises.
    Du reste, d’autres défis importants entourent cette notion de responsabilité ; certains insistent sur le fait que la Communication doit se faire moins intrusive (exit la communication de masse, l’heure est au microciblage, et plus au matraquage et la manipulation mais au divertissement). Nous sommes tous d’accord pour dire que l’avenir de la Communication n’est pas tant dans le discours que dans l’action et qu’elle va devoir apprendre à faire plus avec moins pour ne pas être trop dépendante de la conjoncture économique (dépenses compressibles) ; si la communication joue aujourd’hui beaucoup sur l’émotion (storytelling…), elle devra demain composer avec de plus en plus de raison.
  • Notre état d’esprit (= image voulue /image perçue)
    Finalement, nous nous interrogeons. Notre rapport à la communication est partagé pour ne pas dire ambigu.  Partagé entre l’enthousiasme (d’être à l’aube d’une carrière dans un secteur dynamique) et le doute (est-ce que je conviens à ce milieu ? vais-je le supporter ? génération de transition, conscience d’être à une charnière… « que sera sera»).  Partagé entre l’ambition (d’insuffler de nouvelles valeurs, de faire évoluer les mentalités, de démocratiser la création, d’augmenter les exigences de qualité des contenus…), et la peur (de ne pas y arriver, de la concurrence, d’être vite remplacé).
    Nous sommes paradoxalement  plein de projets, mais en manque de visibilité.